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Capoeira-Fan

Les origines de la capoeira :

C'est dans les environs de 1550 que les Portugais ont commencé à transporter des Africains réduits à l'esclavage au Brésil afin d' exploiter les richesses du pays. Ces travailleurs captifs furent traités comme des moins que rien, fouettés et torturés, sans droits, finissent par mourir de fatigue. Leurs éspérences de vie étaient d'en moyenne 10ans. Leur résistance, constante, s'exprime grandement de 1640 à 1695. La communauté insurgée de Palmares résiste aux expéditions lancées contre elle. Vers 1780, le mot capoeiragem apparaît dans les registres de la police de Rio. Ces "exercices de lutte et de dextérité corporelle" pratiqués par des Nègres et des métis, esclaves ou libres, inquiètent l'autorité. Aucune loi n'interdit la pratique, mais les capoeiras sont persécutés. Il est vrai que leurs bandes sortent de temps à autre dans les rues pour semer la confusion sur la paroisse d'un autre groupe et lutter contre de nouveaux adversaires. En 1865-70, le Brésil et l'Argentine attaquent le Paraguay. De nombreux capoeiras sont désignés volontaires pour aller mourir pour la Patrie. En 1875, dans un Brésil à 60% nègre, la capoeira existe dans toutes les villes. Les journaux s'en inquiètent, la police la poursuit, mais les politiciens utilisent les capoeiras pour "convaincre" les électeurs (1% da population). En 1887-1888, la campagne pour l'abolition de l'esclavage devient dans les villes une véritable révolution. L'esclavage est aboli le 13 mai 1888. Les anciens propriétaires d'esclaves deviennent soudain républicains. Le 15 novembre 1889, l'Empire du Brésil est renversé par un coup d'Etat militaire. La capoeira est énergiquement combattue, puis elle est interdite par une loi. Des centaines de personnes sont envoyées au bagne. Cependant, plusieurs intellectuels voient en elle la modalité nationale brésilienne de lutte, comme les Anglais ont la boxe, les français la savate, etc.. Ils réclament sa réhabilitation en tant que sport. La capoeira survit plus ou moins cachée jusqu'en 1937. La dictature de Vargas va l'autoriser, à condition d'être pratiquée dans des lieux fermés. Salvador, la plus grande ville du Nordeste brésilien, où les Afro-Brésiliens n'ont pas été noyés dans la masse des immigrés d'Europe, est la plus grande concentration de capoeiras du Brésil. C'est là que Maître Bimba a ouvert dès 1932 la première "académie de lutte régionale de Bahia". Il apporte certaines modifications au jeu traditionnel, s'intéresse aux élèves ayant les moyens de payer afin de gagner sa vie grâce à l'enseignement de la capoeira, et n'a peur de personne. Ceux qui veulent garder l'héritage Afro-Brésilien intact créent à leur tour des académies, principalement celle de Maître Pastinha, ouverte en 1941. La divergence entre le style dit regional, qui suit la voie ouverte par Maître Bimba, et la Capoeira Angola a encore des répercussions aujourd'hui. De Salvador, les capoeiristes de Bahia partent dans les années 50 à la conquête du Brésil, rencontrant parfois la capoeira d'autres régions, où elle se pratique encore dans la discrétion ou la clandestinité. Dans les années 70, sous la dictature militaire, le courant qui veut transformer la capoeira en sport avec réglements, compétitions, fédérations et diplômes domine l'actualité. Bien que la capoeira que ces sportifs pratiquent soit essenciellement différente de celle enseignée par Mestre Bimba, comme on peut s'en rendre compte en regardant des vieux films, ils s'intitulent Capoeira Regional. Suivant la même logique, d'autres sportifs abandonnent la capoeira pour le jiu-jitsu brésilien (famille Gracie) qui affronte les lutteurs de toutes autres disciplines. A partir du milieu des années 80, une pratique plus globale de la capoeira, qui attache une grande importance à ses aspects moraux et culturels (en afro-brésilien : fundamentos) regagne du terrain sous le signe de la capoeira Angola. Les groupes qui suivent cette voie se réclament de la tradition, mais là aussi, la confrontation avec les vieux films et les témoignages des maîtres montre une grande évolution. Aujourd'hui, la capoeira continue avec ses nombreuses lignes, dénominations, organisations et groupes informels.

la capoeira est une lutte contre sois-même:

La notion de lutte n'est jamais absente de la pratique de la capoeira. Le danger peut surgir à tout moment, même dans un jeu amical. Le contrôle que les capoeiristes parviennent à garder sur eux-mêmes pour que la violence reste limitée par le respect dû à chacun fait une bonne part de la beauté du jeu. La création dans l'académie d'une "fraternité de roda" est indispensable à l'apprentissage du jeu; cette fraternité se constitue naturellement à travers de l'expérience partagée du risque. La fraternité permet d'affronter les difficultés, les chocs (physiques et émotionnels) et les incidents qui traversent inévitablement l'entraînement. Il ne s'agit pas de "laisser passer" des bêtises ou des erreurs de ses camarades pour ne pas se mettre mal avec eux, mais de se créer des partenaires à sa hauteur. On ne peut espérer croître qu'ensemble. En dehors de la roda, il faut cultiver l'amitié et le respect. C'est aussi hors de l'entraînement que peuvent se transmettre les chansons, les histoires et les commentaires qui font vivre la capoeira. L'apprentissage dépend de la relation avec le professeur. Elle est basée sur le respect que l'élève doit à son professeur, dès qu'il admet qu'il a quelque chose à transmettre, et le respect du professeur pour l'élève qui pourra donner une continuité à son art. Personne ne sait tout de la capoeira.

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